Le Mare a Mare Sud représente l’une des traversées les plus emblématiques de Corse, reliant les côtes orientales aux rivages occidentaux de l’île de Beauté. Cette randonnée itinérante de 6 jours offre une immersion totale dans les paysages contrastés du sud corse, alternant entre maquis odorant, forêts de pins laricio et villages perchés aux maisons de granit. Contrairement au mythique GR20, ce sentier privilégie l’accessibilité tout en conservant un caractère authentique et sauvage. Les randonneurs découvrent une Corse profonde, celle des bergers et des traditions ancestrales, où chaque étape révèle un pan de l’histoire insulaire. L’itinéraire traverse l’Alta Rocca, région vallonnée située à 800 mètres d’altitude, offrant des panoramas exceptionnels sur les aiguilles de Bavella et le massif de l’Alcudina.
Itinéraire détaillé du mare a mare sud : étapes de Porto-Vecchio à propriano
Le tracé officiel du Mare a Mare Sud s’étend sur 67 kilomètres, répartis en cinq étapes principales de difficulté progressive. Cette traversée emblématique débute dans la cité du sel de Porto-Vecchio et se termine au port de Propriano, offrant une diversité paysagère remarquable. Chaque étape présente ses propres caractéristiques géographiques et culturelles, permettant aux randonneurs de découvrir progressivement les richesses du patrimoine corse. L’altitude varie entre le niveau de la mer et 1130 mètres au point culminant, créant des microclimats distincts qui influencent la végétation et la faune rencontrées.
Départ depuis l’ospedale et traversée du plateau du cuscione
La première étape conduit les marcheurs de Porto-Vecchio vers Cartalavonu, en passant par l’emblématique forêt de l’Ospedale. Ce secteur initial présente un dénivelé positif de 1130 mètres sur 15 kilomètres, constituant l’une des montées les plus significatives du parcours. Le sentier serpente à travers une forêt de pins maritimes avant d’atteindre le barrage de l’Ospedale, point de vue spectaculaire sur le golfe de Porto-Vecchio. La traversée du plateau du Cuscione offre ensuite une ambiance totalement différente, avec ses pozzines caractéristiques et sa végendation subalpine. Les randonneurs atteignent le refuge de Cartalavonu après 5h30 de marche environ, première halte en altitude de ce trek exigeant.
Étape Levie-Carbini : navigation dans l’alta rocca
La deuxième journée mène de Cartalavonu vers Levie, en traversant le cœur historique de l’Alta Rocca. Cette étape de 12 kilomètres présente un profil plus accessible avec 670 mètres de dénivelé positif et 1120 mètres de descente. Le sentier passe par le village de Carbini, témoin de l’histoire des Giovannali, mouvement religieux du 14ème siècle. Les sites archéologiques de Cucuruzzu et Capula constituent des étapes incontournables, révélant 4000 ans d’occupation humaine. Levie, village-étape principal, propose plusieurs hébergements et services, ainsi qu’un musée départemental présentant la Dame de Bonifacio , plus ancien reste humain découvert en Corse.
Passage par zoza et les bergeries de basseta
La troisième étape relie Levie à Serra di Scopamena ou Aullène, selon les variantes choisies. Ce tronçon de 17 kilomètres représente la plus longue journée du parcours avec 6h30 de marche. Le dénivelé positif atteint 900 mètres tandis que la descente cumule 630 mètres. Le passage par les bergeries de Basseta illustre parfaitement la tradition pastorale corse, encore vivace dans cette région. Zonza, village perché au pied des aiguilles de Bavella, constitue un point d’étape apprécié pour ses panoramas exceptionnels. Les tours génoises jalonnant l’itinéraire témoignent de l’histoire défensive de l’île face aux incursions barbaresques.
Arrivée à burgo et descente vers propriano
Les deux dernières étapes conduisent successivement vers Sainte-Lucie-de-Tallano puis Propriano via Fozzano. Sainte-Lucie-de-Tallano, réputée pour son huile d’olive AOP, offre un patrimoine architectural remarquable avec son couvent franciscain du 15ème siècle. La descente finale vers Fozzano puis Propriano traverse des paysages méditerranéens typiques, alternant maquis dense et cultures en terrasses. Fozzano évoque l’histoire de Colomba Carabelli, immortalisée par Mérimée dans sa nouvelle éponyme. Un transfert en taxi évite la marche sur route jusqu’à Propriano, point d’arrivée situé au fond du golfe du Valinco.
Analyse technique du terrain et difficultés spécifiques du sentier
Le Mare a Mare Sud présente un niveau de difficulté intermédiaire, classé 3/5 selon les standards de la Fédération Française de Randonnée. Cette cotation reflète des conditions de marche variées, alternant entre sentiers bien tracés et passages plus techniques nécessitant une attention soutenue. Le balisage orange caractéristique des sentiers Mare a Mare reste globalement fiable, bien que certains secteurs puissent présenter des lacunes temporaires dues aux conditions météorologiques ou aux travaux forestiers. Les temps de marche oscillent entre 4h30 et 6h30 par étape, incluant les pauses mais excluant les visites culturelles ou les détours touristiques.
Dénivelés positifs et négatifs par secteur géographique
L’analyse des profils altimétriques révèle une répartition inégale des difficultés selon les secteurs. La première étape cumule 1130 mètres de dénivelé positif, représentant 40% de l’effort total du trek. Cette montée initiale vers le plateau de l’Ospedale constitue le principal défi physique du parcours. Les étapes suivantes présentent des profils plus équilibrés, alternant montées et descentes modérées. Le point culminant à 1130 mètres offre des conditions climatiques différentes, potentiellement plus fraîches et venteuses que les secteurs de basse altitude.
Points de passages techniques : gués et traversées rocheuses
Plusieurs secteurs du Mare a Mare Sud nécessitent une attention particulière en raison de leur caractère technique. Les traversées de cours d’eau, notamment du Rizzanese, peuvent présenter des difficultés variables selon les conditions hydrologiques. En période de crue, certains gués deviennent impraticables, nécessitant des détours ou des reports. Les passages rocheux, particulièrement fréquents dans les secteurs granitiques, demandent une vigilance constante pour éviter les chutes. L’équipement des chaussures revêt une importance cruciale, privilégiant les semelles à forte adhérence type Vibram. Les conditions de visibilité influencent également la progression, notamment par temps de brouillard fréquent en altitude.
Conditions météorologiques impactant la praticabilité du tracé
Le climat méditerranéen de la Corse influence directement les conditions de randonnée sur le Mare a Mare Sud. Les précipitations automnales et hivernales peuvent rendre certains passages glissants, particulièrement sur les dalles rocheuses. Les orages estivaux, souvent violents mais brefs, imposent des précautions spécifiques en terrain exposé. Les vents peuvent atteindre des intensités importantes sur les crêtes, notamment au niveau du plateau de l’Ospedale. Les températures varient significativement selon l’altitude, nécessitant une adaptation vestimentaire appropriée. La période optimale s’étend d’avril à octobre, évitant les conditions hivernales potentiellement dangereuses.
Évaluation du niveau technique requis selon les standards FFRANDONNÉE
Selon les critères de la Fédération Française de Randonnée, le Mare a Mare Sud correspond à un niveau T3 (Randonneur confirmé). Cette classification implique une expérience préalable de la randonnée en moyenne montagne et une condition physique correcte. Les randonneurs doivent maîtriser la lecture de carte et l’utilisation d’une boussole pour pallier d’éventuelles défaillances du balisage. La capacité d’autonomie sur terrain varié constitue un prérequis indispensable. L’expérience de randonnées itinérantes de plusieurs jours représente un avantage certain pour appréhender les spécificités logistiques du trek corse.
Logistique d’hébergement : gîtes d’étapes et refuges du mare a mare sud
L’infrastructure d’hébergement le long du Mare a Mare Sud combine différents types d’établissements adaptés aux besoins des randonneurs itinérants. Les gîtes d’étapes constituent l’épine dorsale de l’accueil, proposant des formules de demi-pension incluant le dîner et le petit-déjeuner. Ces structures, souvent tenues par des familles corses, perpétuent l’tradition d’hospitalité insulaire tout en respectant les standards modernes de confort et d’hygiène. La capacité d’accueil varie entre 15 et 30 places selon les établissements, réparties entre dortoirs collectifs et chambres privées. Les sanitaires sont généralement communs, avec douches chaudes disponibles en fin de journée.
Les refuges, moins nombreux que les gîtes, offrent un hébergement plus spartiate mais authentique. Le refuge de Cartalavonu illustre parfaitement cette catégorie, proposant un cadre montagnard typique avec vue panoramique sur les sommets environnants. Les chambres d’hôtes représentent une alternative plus confortable, particulièrement appréciée à Levie et Sainte-Lucie-de-Tallano. Ces établissements, souvent installés dans d’anciens moulins à huile ou des maisons traditionnelles, conjuguent charme architectural et prestations de qualité. Certaines proposent même des espaces bien-être avec jacuzzi et sauna, parfaits pour la récupération après l’effort.
Le transport des bagages entre hébergements constitue un service optionnel qui transforme l’expérience du trek en permettant de marcher avec un sac léger contenant uniquement les affaires de la journée.
La réservation préalable s’avère indispensable, particulièrement durant la haute saison touristique de juillet-août. Les tarifs varient entre 25€ et 45€ par personne en dortoir, incluant la demi-pension. Les chambres privées avec sanitaires privatifs nécessitent un supplément de 15€ à 25€ par nuit. Certains établissements proposent également la préparation de pique-niques pour le lendemain, service apprécié dans les secteurs dépourvus de points de ravitaillement. La qualité de la restauration mérite une mention particulière, mettant à l’honneur les spécialités corses : charcuterie fermière, fromages de brebis, huile d’olive locale et vins du terroir.
Équipement spécialisé et préparation physique pour le trek corse
La réussite du Mare a Mare Sud repose largement sur un équipement adapté aux conditions spécifiques de la randonnée corse. Les chaussures constituent l’élément prioritaire, privilégiant les modèles montants à semelle rigide offrant un bon maintien de la cheville. Les terrains rocheux et les passages techniques exigent une adhérence optimale, particulièrement sur granite humide. Le choix du sac à dos influence directement le confort de marche : un modèle de 40 à 50 litres suffit si le transport des bagages est organisé, sinon prévoir 60 à 70 litres pour l’autonomie complète. Le système de portage doit être parfaitement ajusté pour éviter les points de compression durant les longues étapes.
L’habillement multicouche s’impose face aux variations climatiques importantes entre altitude et zones côtières. Les sous-vêtements techniques évacuent efficacement la transpiration lors des montées soutenues. Une polaire ou doudoune légère protège du refroidissement lors des pauses et en soirée. La veste imperméable Gore-Tex ou équivalent constitue une protection indispensable contre les averses méditerranéennes. Les vêtements en coton sont à proscrire, privilégiant les fibres synthétiques à séchage rapide. Un chapeau et des lunettes de soleil protègent efficacement du rayonnement intense, particulièrement en altitude où la réverbération s’intensifie.
La préparation physique débute idéalement 6 à 8 semaines avant le départ, incluant des sorties régulières avec dénivelé croissant. L’endurance cardiovasculaire se développe progressivement par des marches de 3 à 5 heures en terrain varié. Le renforcement musculaire des membres inférieurs prévient les blessures et améliore l’efficacité de la foulée. Les exercices d’équilibre et de proprioception préparent aux passages techniques sur terrain instable. L’adaptation progressive au port du sac chargé évite les douleurs dorsales durant le trek. La pratique régulière avec le matériel définitif permet d’identifier et corriger les inadéquations avant le départ.
| Équipement | Caractéristiques recommandées | Utilisation spécifique |
|---|---|---|
| Chaussures | Montantes, semelle Vibram | Adhérence sur granite |
| Bâtons | Télescopiques, embouts tungstène | Stabilité en descente |
| Lampe frontale | LED, autonomie 8h minimum | Départs matinaux, refuge |
Période optimale et conditions saisonnières pour parcourir le mare a mare sud
La saisonnalité influence considérablement l’expérience du Mare a Mare Sud, chaque période présentant des avantages et inconvénients spécifiques. Le printemps, s’étendant d’avril à juin, offre des conditions particulièrement favorables avec des températures modérées et une floraison exceptionnelle du m
aquis. Cette période coïncide avec l’éveil de la végétation méditerranéenne, transformant les paysages en véritables jardins botaniques naturels. Les cistacées, immortelles et asphodèles tapissent les sentiers de couleurs éclatantes, créant un spectacle visuel incomparable. Les températures oscillent entre 15°C et 25°C en journée, idéales pour l’effort physique soutenu. Les précipitations restent modérées, bien que des averses ponctuelles puissent survenir, rafraîchissant l’atmosphère sans compromettre la progression.
L’été, de juillet à septembre, présente des conditions plus contrastées nécessitant des adaptations spécifiques. Les températures peuvent dépasser 30°C dans les secteurs de basse altitude, imposant des départs matinaux avant 7h pour éviter les fortes chaleurs. L’hydratation devient critique avec des besoins hydriques augmentés à 3-4 litres par jour et par personne. Les orages estivaux, fréquents en fin d’après-midi, créent des conditions dangereuses sur les crêtes exposées. Cependant, cette période offre l’avantage de journées longues et de conditions météorologiques généralement stables. Les baignades rafraîchissantes dans les vasques naturelles du Rizzanese constituent un plaisir incomparable après l’effort.
L’automne, s’étalant d’octobre à novembre, séduit les randonneurs par ses lumières particulières et ses températures clémentes. Les châtaigneraies se parent de couleurs flamboyantes, créant des ambiances féeriques particulièrement photogéniques. Les journées raccourcissent progressivement, nécessitant une planification minutieuse des horaires de marche. Les premiers épisodes pluvieux peuvent rendre certains passages glissants, notamment sur les dalles rocheuses. Cette saison privilégie une approche plus contemplative du trek, avec des rythmes moins soutenus et des pauses prolongées pour savourer l’atmosphère automnale.
L’hiver reste déconseillé pour le Mare a Mare Sud en raison des conditions météorologiques incertaines et de la fermeture de nombreux hébergements entre décembre et mars.
Retours d’expérience et erreurs courantes à éviter sur le sentier
Les témoignages de randonneurs expérimentés révèlent plusieurs écueils récurrents susceptibles de compromettre la réussite du Mare a Mare Sud. L’erreur la plus fréquente concerne la sous-estimation de l’effort physique, particulièrement lors de la première étape vers Cartalavonu. De nombreux trekkeurs, habitués aux randonnées à la journée, peinent à adapter leur rythme à la succession d’étapes quotidiennes. Cette mésestimation entraîne fatigue prématurée et risques de blessures, notamment au niveau des genoux lors des descentes prolongées. L’importance d’un entraînement progressif préalable ne peut être négligée, incluant des sorties consécutives pour habituer l’organisme à l’effort répété.
La gestion de l’eau constitue un défi majeur, source de nombreuses difficultés. Certains randonneurs se fient exclusivement aux sources mentionnées dans les topoguides sans vérifier leur état réel. Ces points d’eau peuvent être taris en période estivale ou pollués par le bétail. La stratégie recommandée consiste à faire le plein systématiquement aux villages-étapes et à porter des pastilles de purification. L’autonomie hydrique minimale s’établit à 2 litres par personne, portée à 3 litres en conditions chaudes. Les erreurs de navigation représentent également un risque non négligeable, particulièrement dans les secteurs où le balisage présente des lacunes temporaires.
L’inadéquation de l’équipement génère frustrations et inconfort tout au long du parcours. Les chaussures insuffisamment rodées provoquent ampoules et douleurs, compromettant la progression dès les premières heures. Le choix d’un sac mal adapté à la morphologie entraîne points de pression et douleurs dorsales persistantes. Les vêtements en coton, conservant l’humidité, créent des conditions d’inconfort et augmentent les risques d’hypothermie lors des changements météorologiques. Les bâtons de randonnée sont trop souvent négligés alors qu’ils procurent stabilité et soulagement articulaire, particulièrement appréciables lors des longues descentes techniques.
Les aspects logistiques suscitent également leur lot de complications. La négligence des réservations d’hébergement, particulièrement en haute saison, contraint parfois à des détours coûteux ou à des nuits improvisées. L’absence de coordination avec les services de transport de bagages peut générer stress et désorganisation. Certains randonneurs sous-estiment l’importance de prévoir des liquidités suffisantes, les moyens de paiement électroniques n’étant pas toujours acceptés dans les établissements ruraux. La communication avec les familles reste également problématique dans certains secteurs où la couverture téléphonique présente des lacunes.
| Erreur courante | Conséquences | Prévention recommandée |
|---|---|---|
| Chaussures neuves | Ampoules, douleurs | Rodage préalable 50km minimum |
| Sac mal ajusté | Points de pression dorsaux | Essayage en magasin avec charge |
| Départ tardif | Marche en pleine chaleur | Lever 6h30, départ 7h30 maximum |
| Hydratation insuffisante | Fatigue, crampes | Minimum 2L/jour, 3L en été |
L’expérience positive du Mare a Mare Sud repose sur une préparation minutieuse intégrant tous ces paramètres. Les randonneurs les plus satisfaits sont ceux qui ont consacré du temps à la planification, testé leur équipement lors de sorties d’entraînement et adapté leurs attentes aux réalités du terrain corse. L’attitude mentale joue également un rôle déterminant : accepter l’imprévu, savourer les rencontres authentiques et s’immerger dans le rythme insulaire transforment les éventuelles difficultés en souvenirs mémorables. Cette philosophie de l’adaptation et de l’ouverture constitue la clé d’une expérience réussie sur ce sentier emblématique de Corse.
